Je pense que le système scolaire est une immense usine à formater. Ce début de texte sonne comme un recyclage pseudo-anarchiste qui revendique le laisser-aller et pourtant… Tout ceci se passe depuis notre enfance, et nous avons été conditionnés. Depuis qu’on est petit, on nous invite à aller dans la cour de récréation. Pour y faire quoi précisément? Je n’y ai vu que des gens sauter à la corde et jouer à la marelle. Ils étaient très joyeux! Mais ces activités sont considérées comme futiles.

Cependant, une fois en cours, ils ont plus du tout la même tête; ils n’arrive pas à se concentrer. Même s’ils se sont dépensés, ils n’arrivent pas à travailler… Pourtant le travail est « obligatoire ».

Finalement, ce n’est pas le fait de s’amuser qui rend l’élève abruti, mais le fait que ça serve à gaspiller leur énergie créatrice à jouer à la marelle, pour rendre leur cerveau disponible au travail écolier. Leur énergie créatrice, c’est ce qui les « déconnecte » du travail. On n’en veut pas. Créer, c’est jouer aux enfants. Or les enfants ne sont pas disciplinés. Ce n’est pas un syndrome d’hyperactivité, mais une perte d’intérêt pour les études. Ce qui prouve que ce n’est pas adapté aux enfants!

Dans le collège, c’est quasiment pareil, sauf que les récréations servent à transformer notre énergie vitale en discussions inutiles, et ainsi oublier le système. Ce qui génère une angoisse. C’est l’âge ingrat. Suffisamment ingrat pour refuser toute soumission. Et à force d’angoisser, les gens nous voient comme des inadaptés, des retardés, des mauvais élèves; personne ne nous en indique les origines; les médecins nous droguent aux antidépresseurs, on considère comme « maladie » le fait d’être en pleine possession de notre individualité créatrice. Une seconde d’individualité dans ce monde nous empêche d’avancer parmi les autres. On est comme sur un îlot perdu. Mais une société sans individu, est-ce vraiment une société ?

Ce qui nous mène à accepter un enchaînement de mauvais choix, qui passent notamment par une université, un travail, puis notre retraite. Mais que faire une fois en retraite si on n’a plus l’énergie pour s’intéresser à nos passions?