On trouve vraiment des ramassis de psychologie Freudienne à en donner la nausée, sur Internet… Pas plus tard qu’ajourd’hui, j’ai lu un article sur Titeuf. Vous connaissez déjà ce personnage. J’en suis sûr. Si vous êtes venus sur cet article, c’est que vous étiez intéressés par ce héros de bandes dessinées! Que vous l’aimez ou non, laissez-moi vous raconter le morceau de caca que j’ai lu et relu :

Alors, voilà le genre de perles qu’on peut trouver sur Internet, lorsqu’on navigue un peu trop dans la soirée. Il s’agit du personnage Titeuf, et de sa manière de s’exprimer un peu écorchée. Vous savez, au lieu de dire clitoris, Titeuf dit clitouriste. C’était de l’humour mais des gens ont cherché la petite bête et l’ont interprété autrement. Je vais avec hargne, mais avec contenance, analyser ce texte et vous montrer la fine fleur de ces érudits de la psychologie, avec leurs interprétations uniques :

« Ces lapsus, ces mots portemanteaux, indiquent que le refoulement fonctionne. Titeuf a entendu le terme exact mais, vu son âge, il n’a connaissance de la chose que par ouï-dire, et son langage le trahit. Alors le mot sort par la porte pour rentrer par la fenêtre et « pucelage » devient « pelage », terme moins directement sexuel, mais qui l’est indirectement tout autant, si on fait le lien avec les poils et la bestialité. Il y a là un compromis névrotique entre la défense de parler de sexualité et le désir de le faire. » Laurence Liban pour L’Express

FAUX: Ces mots, ces lapsus, ne sont pas dus à un refoulement névrotique. Les enfants adorent simplement imiter les parents (comme vous le dites si bien). Imiter est un art, dans lequel ils parviennent à produire un résultat, mais le plus souvent ils écorchent involontairement les mots. Il n’y a donc aucun rapport avec le refoulement. bien au contraire, c’est avec frénésie qu’ils emploient ces mots. Juste pour se donner un air adulte, mais cela donne lieu à quelques maladresses dans l’élocution.

Vous voulez une preuve? Eh bien, qu’à cela ne tienne, la voilà noir sur blanc: Titeuf, tout comme ses amis, aiment à employer des mots techniques, mais pas uniquement des mots sexuels, Titeuf dit, par exemple: « Beurre de karaté » (Au lieu de karité), et il y a sûrement d’autres exemples. Ils sont encore jeunes, il y a donc fort à parier qu’ils veulent entrer malgré leur jeune âge dans une dimension sociale qu’ils ne connaissent pas encore, et qu’ils tâtonnent de plus en plus prématurément: le monde des adultes! Zep, pour le coup, a donc été fortement inspiré par les enfants modernes. Toujours en soif d’apprendre le comportement adulte, imitateurs dans l’âme, ces jeunes enfants essayent simplement de rentrer dans la sphère du « monde des grands ».

Vous croyez qu’on a conscience de sa sexualité à cet âge?? On ne fait que la survoler. Par des mots scatologiques! Freud le dit lui-même.

 

Allez, lecteurs, vous reprendrez bien une petite tasse de psychologie? Eh bien c’est parti, retenez vos fous-rires :

Laurent Danon-Boileau la décèle aussi dans la typographie où, par le jeu des parenthèses, celui qui parle juge son propre discours. Commentant la quatrième de couverture de l’album intitulé « L’amour, c’est pô propre », il relève les doutes et la quête de Titeuf dont voici des extraits: « Si on est amoureux, il faut mettre sa langue dans la bouche d’une fille […] (pour chercher quelque chose sûrement) … Si on trouve rien, il faut prendre une pelle […] (enfin, je crois). » « La première partie indique l’expression d’une quête dans le corps de l’autre mais la seconde partie du texte l’abolit par le passage à l’absurde. Il y a là une belle méditation sur le désir… »

Donc si j’en juge ce qui est écrit, il est expliqué avec assurance qu’un jeune enfant de 8 balais aurait conscience que le désir, la conquête du plaisir, est vaine? J’ignore si Titeuf, à l’heure qu’il est, s’est déjà lancé dans une conquête – pas amoureuse – mais spirituelle, à son si jeune âge?! Excusez, mais à ce stade, les mots me manquent; peut-être parce que les rires m’empêchent de parler. Bon, revoilà Norman:

FAUX: il s’agit simplement de l’interprétation d’un jeune enfant du monde érotique, et tout ça au premier degré. En effet, il s’agit ici du french kiss, ou « baiser à la française » comme disent les anglosaxons. Par ce fait, la pratique consiste donc à « rouler » la langue dans la bouche du partenaire. Et vous connaissez sans doute une autre expression argotique en français pour désigner ça? Rouler une pelle sera en effet le mot-clef de l’histoire. Titeuf a simplement cru qu’il fallait RÉELLEMENT utiliser une pelle pour parvenir à ses fins. Et je vous le répète: c’est peut-être considéré comme absurde de son point de vue, mais uniquement par le fait qu’il ignore tout du monde érotique, et non parce qu’il est résigné. Pour conclure, je dirais:

C.Q.F.D. (Ce Quon de FreuD lol)

 

Donc voilà, n’en déplaise à nos chers confrères psychologues, cet article de L’Express est bon à faire mâcher à un âne, pour peu que le papier ne soit pas en synthétique (contrairement à ce copier/coller Freudien. Je n’ai pas cité tout le texte, le reste n’est pas assez argumentatif, ou alors ce n’est qu’un tissu de délire sans queue ni tête. Je dois remarquer que leur interprétation, bien que délirante, a son mérite: divertir. Avec du recul, je me demande quelle serait la réaction de Zep, après avoir lu ces interprétations calquées, de la part de ces quelques psychologues précipités.

Voilà, c’est tout, chers amis. J’espère que vous avez apprécié cet article. Freud, bien que parfois erroné dans ses théories, m’a tout de même éclairé dans ma quête philosophique, ce qui n’est pas le cas de ces psychologues stériles…

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